La Maroquinerie Poliça
25€Pop / Rock

Poliça

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Où et quand ?

La Maroquinerie
23 rue Boyer, 75020, Paris
Le vendredi 14/2/2020 de 19h à 23h

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Combien ?

Budget à prévoir : 25€ par personne

À propos

Lorsque Channy Leaneagh de POLIÇA tombe de son toit début 2018, alors que celle-ci nettoyait la glace qui s’y trouvait, elle se brise alors la vertèbre lombaire L1 la forçant alors à porter un corset pendant des mois : réduisant par conséquent sa mobilité de façon considérable. Mais le quatrième album de POLIÇA, « When We Stay Alive » ne traite pas d’un invalidant accident. Au contraire, il met plutôt l’accent sur la force rédemptrice résultant de la réécriture de l’histoire de la jeune femme ayant pour but une rapide guérison, et par conséquent : réclamer son identité. Alors en convalescence, le médecin de Leaneagh lui conseille de ne pas seulement rester focalisée sur sa guérison physique, mais aussi de méditer sur sa guérison mentale – travaillant alors sur l’apaisement de la colère, des regrets ainsi que de la peur qu’elle pouvait ressentir suite à sa chute. Pour cela, il lui suggère de réécrire l’histoire de sa mésaventure du 28 février. Seule avec ses pensées et faisant face à une mobilité réduite, Leaneagh s’imagine alors tomber non pas sur du ciment mais dans un nuage, avant d’atterrir prudemment sur de la neige fondue de laquelle on pouvait observer quelques brins d’herbe verts dépasser. Constatant les effets positifs de cet exercice mental, elle décide alors de l’exploiter pour appréhender d’autres blessures et douleurs de son passé. Avant son accident, la musique était simplement une passion à laquelle elle s’adonnait en même temps que l’éducation de ses enfants et son travail en tant qu’infirmière auxiliaire. Mais plongée dans le silence de la guérison, elle prend alors conscience qu’une multitude de sentiments se font de plus en plus bruyants. Leaneagh réalise alors que son identité était à présent intimement liée aux expériences de son traumatisme mental, et commence à se demander ce que cela ferait de vivre sans considérer le passé comme un fardeau. « J’avais le sentiment que je pouvais regarder de nombreuses choses et dire « ça m’est arrivé, mais je vais bien maintenant. Cela n’a plus autant d’impact sur moi à présent et j’ai reçu les soins dont j’avais besoin. Maintenant il est temps de réécrire cette histoire », explique-t-elle. Alors qu’une moitié de « When We Stay Alive » fût écrit avant l’automne, et l’autre moitié après, les morceaux se mélangent dans un ensemble cohérent et rédempteur. Ceux composés avant reflètent une plus intense anxiété et détresse : l’entraînant « Forget Me Now » interroge sur ce que les gens peuvent avoir de pire en eux, alors que l’attendrissant « Steady » met en lumière le combat de Leaneagh face à la pression qu’implique le rôle de chef de famille. Inspirée par la force puisée de son processus de guérison, Leaneagh essaie alors une approche différente pour cette deuxième partie de l’album, travaillant sur une réévaluation de son passé, de ces difficiles expériences passées tout en apportant une certaine force et lumière qui n’était à ce moment-là plus présentes. Le fougueux « Feel Life » capture le processus de Leaneagh emprisonnant alors la douleur pour la transformer par la suite en système d’alerte. Elle reprend alors ses responsabilités pour le fantomatique « Be Again », un morceau enregistré alors que celle-ci apprenait à chanter avec un corset. « Cette chanson est une méditation pour moi-même » explique Leaneagh. « Pour m’échapper de la désassociation dans laquelle j’ai pu vivre la grande partie de ma vie. » « Blood Moon » nous expose sa défense qui se veut plus isolante que protectrice. « Je peux regarder en arrière et me rendre compte à quel point la musique a toujours été particulièrement bruyante pour moi, dire ce que je ressens et demander ce dont j’ai besoin dans les chansons que je compose », dit-elle. « Je trouve toujours de nouveau le courage sur scène – où je me sens particulièrement vivante, et c’est pour cette raison que je serai éternellement reconnaissante envers la musique et les personnes avec qui je la produis. » Alors que « We Stay Alive possède un son plus assuré, reflétant de lourds et farouches synthés ponctués par les rythmes du co-fondateur et producteur de POLIÇA, Ryan Olson : un facteur supplémentaire vient ajoute du ton à leur travail. En effet, depuis quelques années, Olson et Leaneagh collaborent avec des musiciens issus du monde entier : Bon Iver, Boys Noize, Lane 8, Sasha, Leftfield ou encore Daniel Wohl. Cela permettra notamment à POLIÇA de bénéficier de l’une des plus grandes palettes musicales de l’histoire du groupe. Afin de créer l’album, Olson s’entoure en studio de ses collaborateurs favoris pour des sessions nocturnes. Il envoie par la suite à Leaneagh les fichiers pour composer les paroles des morceaux pour lui permettre de se rétablir à la maison, enregistrant alors à son rythme. Les batteurs Drew Christopherson et Ben Ivascu ajoutent de la couleur aux morceaux avec leur nouvelle approche – changeant alors drastiquement la dynamique rythmique créant une indescriptible instrumentation hybride entre live et électronique – le bassiste Chris Bierden, quant à lui, fourni au groupe une mélodie particulièrement raffinée.