Que vaut vraiment l’expo Océan en voie d’illumination ?

In Culture
28 novembre 2019
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C’est avec beaucoup trop de retard qu’on vous pond aujourd’hui notre expérience de Océan en voie d’illumination, l’exposition incontournable de cet hiver à Paris. Pour la faire courte, c’est un parcours nocturne en plein air d’environ 1h – 1h30, parsemé de centaines d’animaux marins immenses et qui luisent dans la nuit. Parfait pour bien exciter le petit Lucas avant l’heure du coucher ou encore sortir le grand jeu à son date entre deux poulpes et un thon géants. 

Ce 18 novembre 2019, inauguration au Jardin des Plantes: pas trop de monde, des vigiles super sympas (ça c’est du détails utile), un vrai froid qui claque, des flaques d’eau ci et là. Nous on était au rendez-vous, avec un ami traîné là par hasard et qui ne savait pas trop dans quoi il s’embarquait. “Mais c’est où l’entrée de l’expo ? Y’a pas de vestiaires ?” Oopsie. Car oui, Océan en voie d’illumination c’est une grosse heure dans le froid: coup de chance, ce jour là il ne flottait pas. Mais un conseil, passez un coup de fil à Evelyne Dhéliat avant de prendre votre ticket. 

Mais ces quelques petits 5 degrés faisaient finalement le charme de l’exposition. Des illuminations géantes et poétiques, une balade abyssale dans un monde peuplé de fantasmes… Comme un avant-goût des fêtes de Noël, un sentiment de maison américaine avec 36 km de guirlandes à en faire cramer un épileptique. Océan en voie d’illumination est un parcours plein air contextuel. Il faut de la nuit, certes, mais aussi des manteaux et des écharpes pour que soient mis en relief toute la symbolique des fêtes de fin d’année que représentent ces illuminations.

Toujours dans la même veine que l’édition de l’an dernier, Espèces en voie d’illumination, le Jardin des Plantes cherche ici à sensibiliser le public urbain à une faune (et une flore aussi, d’ailleurs) dont il n’est pas coutumier. Des ours polaires zappés un soir de flemme sur Arte aux flamants roses qu’on retrouvait cet été sur le t-shirt de ton pote hipster, ce sont des animaux marins tantôt exotiques, tantôt adulés (han trop mignon ce petit pingouin), tantôt cauchemardesque (un p’tit bisous au poisson abyssal, smouack) qui s’offrent à nos regards émerveillés. On passe de la plage caribéenne aux mers asiatiques, des tréfonds océaniques à la banquise, mais sans mélange qui ferait mauvais ménage. Le lion ne s’associe pas avec le cafard, le poisson clown avec le morse non plus. 

De mers en océans, nous voguons donc avec plus ou moins de profondeur et une grande diversité d’espèces. C’est la force de Océan en voie d’illumination, outre le savoir technique employé: on nous donne à vivre dans des espaces hostiles à la vie humaine et nous donne envie de la préserver. Si nous n’avons pas parrainé de petit dauphin orphelin de Madagascar après cette balade culturelle, certaines piqûres de rappel étaient nécessaires. Qu’en dise l’ami Trump, le dérèglement climatique c’est toujours d’actu et notre copain l’ours polaire pourra en témoigner. Et oui, le requin blanc aussi à un petit cœur derrière ses crocs acérés, alors pourquoi le traquer sans relâche ? Et les marées de déchets humains, alors  ?

La seule question piquante qu’on pourrait se poser demeure, hélas: et l’électricité que vous utilisez pour illuminer nos yeux et consciences, est-elle verte comme écolo ou verte comme la tronche que ferait un bébé phoque à la recherche d’un bout de banquise ?

  • L’esprit de Noël
  • L’aspect immersif
  • La créativité et poésie du parcours
  • S’il pleut, c’est mort
  • Le prix (tarif plein 15€)
  • Quelle énergie utilisée pour les illuminations ?

Du 18 nov. au 19 janv. 2020

Séances de 18h à 23h00

Fermeture de l’entrée à 22h

Ouvert tous les jours sauf 

Les 24 & 31 décembre

Entrée sur prévente uniquement

Par Pauline Jagoury

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